Il faut du courage pour changer d'état
j'ai vu des flocons de salive s'appesantir aux fibres de laine
risquer leur symétrie sur tes mitaines
j'ai des amis liquides devenu gazeux
qui n'ont jamais pu
retrouver la mer
je les salut allongé dans l'herbe
leurs formes effrangées sur les roulis du vent,
qui sont des éléphants des papillons
jusqu'à la chute de pression
les amis d'en haut sifflent
cependant que l'orangé du ciel angéluse le midi
quelqu'un joue sur un synthé, des phrases dans
la langue du gaz
des phrases qui durent des ans
sur le souffle circulaire et haché, je fais chanter
les cerfs-volants
j'imagine que je peux goûter les ingrédients de l'air
je prends une grosse bouchée que j'inspire
je plaque l'ozone sur mon palais
j'ai des amis devenus solides se frottant la peau
sur le crépi loqueux des ruines
le moustique qu'urticait la nuit est toujours au pli du coude
piégé dans l'ambre de nos sangs
des amis solides ont le cœur en géode
ouverts en deux, le marbre de ma cheminée
où es-tu ? sinon entre deux mondes
© Tous les droits sont réservés ; la reproduction partielle ou complète des textes et autres contenus présents sur le site est strictement
interdite sans l'autorisation écrite des auteurs et sans mention de la source.
Toute personne contrevenant à ces dispositions s'expose à des poursuites judiciaires.